Le burn out, ça n'arrive qu'aux autres ?

Les symptômes sont nombreux et facilement repérables : prise de distance vis-à-vis du travail et perte de l’engagement, fatigue chronique, épuisement mental persistant ; insomnie, Irritabilité accrue, inquiétude intérieure; difficulté de concentration et de prise de décision ; prise de conscience de son manque de performance…
Si vous vous reconnaissez dans plus de la moitié de ces symptômes alors vous faites peut-être, partie de ces personnes qui risquent le burnout. La vigilance est de mise et surtout n’attendez pas d’atteindre la limite car une fois la ligne franchie, il sera difficile d’en revenir… La réponse du corps humain à une exposition prolongée au stress est tout simplement de « disjoncter ». C'est comme un bouton d'arrêt d'urgence que dame nature a préparé en prévision précisément de ces situations extrêmes. Ceci se manifeste un beau matin lorsque le corps ne se lève plus, refusant d’obéir plus longtemps aux ordres d'un cerveau devenu incontrôlable et qui menace sa survie. On ne sort pas indemne de cet arrêt brutal des machines qui porte un coup terrible à la confiance en soi, en ses capacités et met fin à la coopération inconditionnelle du tandem corps-tête. Le traumatisme est tel que le corps mettra plusieurs mois, parfois des années, avant d'accepter à nouveau d'allouer ses ressources à plein régime.
La particularité du burnout est qu’il s’installe de façon insidieuse, à petite dose et de façon très progressive. Ainsi la personne ne se rend pas réellement compte de ce qu’il se passe et les signaux d’alerte ne sont pas pris au sérieux. Une autre raison qui favorise nettement son avancé, est la croyance que « ça ne peut arriver qu’aux autres » ou que de toute façon il n’est pas possible de faire face autrement. Enfin, dans certains cas, se manifeste une gêne à « se reconnaitre en burnout », comme un aveu presque impossible à faire de ses difficultés et de ses limites, qui se traduit par un déni pur et simple des symptômes.

Les scientifiques sont d’accord sur le fait qu’un syndrome de Burnout se forme à la suite d’un stress chronique et prolongé où deux facteurs agissent mutuellement à deux niveaux. Au premier niveau il y a bien entendu des facteurs externes qui sont à l’origine du stress (nombreuses réorganisations, manque de ressources, interactions conflictuelles avec les supérieurs ou les collègues). Au deuxième niveau, se trouvent les facteurs liés à des caractéristiques personnelles spécifiques qui offrent le terrain favorable au syndrome de burnout. Par exemple, chez les personnes ayant de hautes attentes de performance et d’exigence vis-à-vis d’elles-mêmes associées à une grande crainte de défaillance. Egalement lorsqu’il existe un désir intense de reconnaissance et d'affirmation de soi ou encore, une difficulté à dire non, le désir de satisfaire tout le monde et une sur-identification à son travail.

Mais le burnout n’est pas une fatalité et il est possible de rompre ce cycle infernal. Le stress de notre monde actuel est omniprésent, à des intensités plus ou moins importantes et nous accompagne tout au long de la vie professionnelle. L’enjeu réside dans le fait d’apprendre à contrôler son impact avant qu’il ne nous domine totalement. Il est possible, bien avant d’atteindre la limite, de travailler sur soi à titre préventif et constructif pour transformer les difficultés en des expériences apprenantes.
Engager un travail sur soi permet de verbaliser les difficultés du quotidien : Comment cela se passe au bureau ? Comment je gère ? Qu’est ce que je ne supporte pas ou plus ? Comment cela se répercute dans ma façon d’être, avec mon entourage et ma famille ?
Ce temps pour soi de reflexion permet de prendre le temps de repérer ses mécanismes internes : « Qu’est ce que je mets comme enjeu dans ce travail ? Qu’est ce qui est si important pour moi ? Qu’est ce que je risque à dire non ?
Enfin le processus d’accompagnement amène ensuite la personne à développer des stratégies alternatives efficaces pour mieux gérer le stress et reprendre sans tarder le chemin de la sortie : « Comment puis-je faire autrement ? De quoi ai-je besoin pour travailler efficacement sans devenir victime de la pression ? Quels sont les choix qui s’offrent à moi ? Qu’est ce que je décide ? » Car oui, il est possible de décider la réponse que l’on apporte aux évènements qui nous arrivent



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